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L’acceptation

L’acceptation

Date: 20 avril 2012

Penser sa vie est une nécessité pour chacun d’entre nous. Selon la période que nous vivons, penser sa vie peut apparaître plus facile que de la vivre. L’équilibre structurant et constructif pour tout être humain est de parvenir à une harmonie qui conjugue ces deux aspects et la crée la dynamique : penser et vivre sa vie.

Aborder l’acceptation, non pas comme une résignation ou une attitude dite de « faiblesse », mais au contraire comme la clé de voûte de notre vie me semble plus pertinent.

La compréhension permet de donner du sens, et le sens est le socle de l’acceptation. Nous ne pouvons pas accepter quelque chose que nous ne comprenons pas. Ainsi, nous nous évertuons à vouloir comprendre tout ce qui nous arrive, tous les événements auxquels nous sommes confrontés, toutes les relations que nous partageons qu’elles soient affectives, familiales, amicales, professionnelles ou encore socio-culturelles. Ce besoin vital de recherche de sens peut nous amener parfois à insister, voir harceler un interlocuteur pour qu’il nous explique ce qu’il nous arrive, ce que nous ne parvenons pas à vivre sereinement. Toute perturbation, mal aise, mal être doit pouvoir être compris pour être accepté d’être vécu. Mais la réalité est toute autre car bien souvent nous expérimentons et vivons notre vie avant de pouvoir la comprendre, donc de l’accepter. Ainsi, nous pouvons avoir tendance à nous appuyer sur des contre-sens et des éléments de compréhension erronés pour vivre une situation. Ce décalage provoque alors un déséquilibre dans la dynamique « penser et vivre sa vie », qui nous fragilise et nous vulnérabilise.

Le regard et la compréhension de l’autre sur ce que nous vivons est riche d’enseignement. En effet, l’autre n’étant pas soumis aux émotions et tiraillements intérieurs que nous éprouvons, peut avoir le recul nécessaire pour «penser raisonnablement. » Ainsi, accepter le regard de l’autre, dans la mesure où il est bienveillant, honnête, sincère et désintéressé peut nous guider vers notre propre acceptation.

Avancer dans l’âge, grandir et évoluer constitue notre passé qui devient un vaste champ d’exploration pour penser notre vie. En effet, il est plus facile de comprendre et de donner du sens à posteriori aux événements vécus. Prendre le temps au cours de sa vie de se pencher sur son passé (parfois avec le soutien et l’appui d’un tiers), et plus spécifiquement sur tout ce qui nous a profondément fait souffrir est fondamental pour avoir le sentiment de vivre en paix avec soi et avec les autres. Ce travail et cette volonté permettent d’engager un processus de réconciliation extrêmement bénéfique. Les expériences passées comprises sont des expériences acquises sur lesquelles nous pouvons nous appuyer en toute sécurité pour pouvoir faire face, affronter le quotidien, agir en cohérence avec nos propres valeurs et exprimer clairement et librement qui nous sommes, tout en respectant « la liberté de penser et de vivre » des autres.

Accepter le passé, c’est vivre pleinement le présent tout en déployant le futur. Dès lors, nous devenons capables d’accepter de vivre ce qui nous percevons comme inacceptable, tout en sachant qu’un jour nous comprendrons…

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